DOCUMENT DE CAPITALISATION: PROJET  »Prévention des mariages précoces »

Selon la Déclaration universelle des droits de l’Homme, le mariage forcé est une atteinte aux droits fondamentaux de la personne, notamment à sa liberté et à son intégrité physique. Cela signifie que toute personne a le droit de choisir librement son époux ou son épouse.

Des causes de ce mariage forcé on retient entre autres : la pauvreté La pauvreté considérée comme le principal, les traditions, les pressions sociales.

Pour promouvoir le changement social positif par l’adoption des normes sociales favorables à la protection des jeunes filles, AJCAD a initié le projet centré sur les activités qui suivent :

  • Encourager les prestataires des institutions œuvrant pour la promotion des droits de l’enfant à bâtir un partenariat fort et durable avec les familles et les communautés, en vue de conduire avec elles la mise en œuvre de l’approche communautaire de la protection de l’Enfant ;
  •  Développer, en partenariat avec les communautés, des messages clairs et compréhensibles, en vue de leur diffusion par les membres de ces dernières. Les communautés doivent être pleinement engagées et jouer un rôle actif. Les mécanismes communautaires de protection de l’enfant doivent intégrer spécifiquement la problématique du mariage précoce comme une pratique traditionnelle néfaste à l’enfant dans leur plan d’action.

Témoignage d’une victime de mariage précoce à Ouelessebougou

« Chez nous, je veux dire dans a communauté Bamanan de Ouelessebougou beaucoup pensent que les femmes ont un statut inferieur à l’homme. Elles sont souvent considérées comme un fardeau dans leurs familles et que leur bonheur se trouve dans leur foyer. Bien sûr toute femme mérite un mari, mais avant l’âge, c’est un crime. Je profite de votre micro pour demander aux parents qui donnent leurs fillettes en mariage d’arrêter, car c’est un phénomène qui freine la jeune fille dans son épanouissement », a indiqué Awa Traoré une jeune maman de 17 ans ».

LECONS APPRISES

GUIDE DE PREVENTION ET DE PRISE EN CHARGE DES ENFANTS VICTIMES DE MARIAGE PRECOCE

  • Encourager les prestataires des institutions œuvrant pour la promotion des droits de l’enfant à bâtir un partenariat fort et durable avec les familles et les communautés, en vue de conduire avec elles la mise en œuvre de l’approche communautaire de la protection de l’Enfant ;
  • · Sensibiliser et éduquer les populations sur les droits de la personne et ceux de l’enfant qui mettent l’accent sur la liberté du choix et de consentement en matière du mariage peut avoir des effets   limitatifs sur  la pratique du mariage précoce dans les communautés
  •  Développer, en partenariat avec les communautés, des messages clairs et compréhensibles, et utiliser des techniques de communication appropriées pour leur   diffusion par les membres de la communauté peut être salutaire pour la prévention du mariage précoce. .

 BONNE PRATIQUE : Soutenir les jeunes à devenir des agents de changement peut être une approche efficace.

AJCAD a travaillé avec les jeunes afin de renforcer leur capacité à se mobiliser et plaider pour des changements.

Les activités ont été centrées sur l’encouragement du  dialogue entre les jeunes et les leaders communautaires, et sur le renforcement des capacités des jeunes. Activités qui ont visé à soutenir les jeunes à être champions du changement dans leur propre communauté.

Beaucoup de familles au niveau  des communautés considèrent le mariage des enfants comme une pratique profondément enracinée qui fait partie de leur culture depuis des générations. Que la pratique soit citée comme culturelle ou religieuse, elle est souvent motivée par des normes de genre inéquitables comme le démontre l’accent sur l’honneur des filles (ou de leurs famille) en contrôlant leur sexualité.

Pour que les changements se produisent, les valeurs et les normes qui soutiennent la pratique du mariage des enfants doivent évoluer. Travailler avec les familles et l’ensemble de la communauté pour sensibiliser aux conséquences néfastes du mariage des enfants peut changer les attitudes et réduire l’acceptation parmi ceux qui prennent la décision de marier les filles avant leurs 18 ans.

Travailler avec les hommes et les garçons est une partie essentielle des efforts de AJCAD pour mettre fin au mariage des enfants. Dans de nombreuses communautés, ce sont les hommes qui détiennent le pouvoir et prennent les décisions. Les interventions visant les pères, les frères, les maris et les futurs maris sont importantes pour aider les hommes et les garçons à réfléchir sur le statu quo et à reconnaitre les avantages d’une communauté dans laquelle les filles et les femmes sont valorisées et peuvent réaliser leur potentiel.

LES BONNES PRATIQUES IDENTIFIEES.

Une bonne pratique est une expérience réussie découlant d’un processus participatif, ayant fait ses preuves et permis d’obtenir de bons résultats. Techniquement réalisable (simple à apprendre et à mettre en œuvre), une bonne pratique mérite dès lors d’être partagée. Mais, «bonne» ne veut pas dire « parfaite » et les pratiques peuvent toujours être améliorées.

Dans le cadre de la mise en œuvre de ses projets, AJCAD analyse des informations collectées dans les rapports d’activités ayant permis de déduire un certain nombre de pratiques jugées comme bonnes par ceux qui l’ont mise en œuvre. Ces bonnes pratiques répondent aux critères ci-dessous exposé : l’innovation, la pertinence, l’efficacité, la duplication et la durabilité.

Les deux bonnes pratiques sont issues de deux projets d’AJCAD : le premier est « De l’ombre à la lumière » et le second est « Jeunes et citoyenneté »

Description des critères appliqués à l’identification des bonnes pratiques issues de la mise en œuvre du projet  
Critère  Description  
L’innovation  La pratique est « originale » et son application s’inscrit dans une perspective nouvelle. Par son caractère innovant, la pratique se différencie soit par son domaine d’action, son approche et/ou les outils qui sont développés  
La pertinence  La pratique est opportune au vu du contexte, des besoins des populations cibles et des alternatives développées.  
L’efficacité  La pratique a fait ses preuves et a obtenu de bons résultats. Elle a été adoptée avec succès et a eu un effet positif sur les populations cibles.  
La duplication  La pratique est en mesure d’être dupliquée, d’avoir un potentiel de reproductibilité et doit donc pouvoir être adaptée à des objectifs similaires dans des contextes différents.  
La durabilité  La pratique préserve son « effet/impact » positif dans le temps grâce aux changements qui y sont introduits, à la volonté et aux capacités de l’acteur à continuer conformément aux exigences du contexte d’intervention.