CAMP PAIX ET PLUS DE MOPTI

100 jeunes acteurs de paix s’engagent pour recoudre le tissu social dans la région

Après Ségou, la Venise malienne, Mopti a accueilli, du 21 au 23 mars 2019, le Camp des jeunes « Paix et plus », organisé par AJCAD, partenaire de mise en œuvre du projet Jeunes acteurs pour la paix et la réconciliation nationale. 100 jeunes venant de 13 communes de la région de Mopti ont été embarqué dans le train de la paix. Ce fut un véritable lieu de brassage entre les jeunes des diverses communautés et qui se sont engagés, après le camp, à jouer leur partition pour le retour de la paix dans la région de Mopti.
L’établissement scolaire Bayon Djenépo, situé au quartier Médina coura de Mopti a abrité, du 21 au 23 mars 2019, le camp des jeunes paix et plus auquel ont pris part 100 jeunes issus des différentes communautés de la région de Mopti. La cérémonie d’ouverture était présidée par le conseiller aux affaires économiques du Gouvernorat de Mopti, Ousmane Diallo, représentant le chef de l’exécutif régional. Elle a enregistré une forte présence des notabilités de la région et des services déconcentrés de l’Etat, des ONG partenaires et des populations épris de paix.
Dans son discours d’ouverture, le représentant du Gouverneur de Mopti, Ousmane Diallo, a félicité vivement l’AJCAD pour cette initiative et les partenaires pour leur engagement à inclure les jeunes dans le processus de paix et de réconciliation nationale. Il n’a pas manqué de rappeler que la région de Mopti n’est plus la même depuis le déclenchement de cette crise. « Les activités économiques de la région comme la pêche, l’élevage, le tourisme qui faisaient vivre des milliers de personnes tournent au ralenti. Le vivre ensemble, la tolérance qui était une réalité au Mali est en passe d’être remise en cause. Des communautés peulhs et Dogons s’entretuent faisant des morts et des déplacés », a-t-il déploré, tout en se réjouissant de la tenue de camp qui, selon lui, est venu à point nommé et permettra aux jeunes d’être des véritables acteurs au niveau local. « L’Accord pour la paix et la réconciliation nationale signé entre le Mali et les mouvements armées, qui constitue une bonne base pour le retour définitive de la paix connaisse des difficultés dans sa mise en œuvre, malgré l’appui des partenaires internationaux. Par ce qu’il y a un maillon essentiel qui a été négligé. C’est vous, les jeunes », a-t-il affirmé. Ainsi, a-t-il invité les jeunes à saisir cette opportunité pour s’y engager dans le processus de paix et de réconciliation nationale au Mali.
Ousmane Maïga, Secrétaire exécutif de l’AJCAD a, après avoir remercié les autorités pour leur présence et les populations pour l’accueil, que le Mali demeure toujours confronté à la grave crise sécuritaire malgré la signature de l’Accord. L’accord pour la paix, rappelera-t-il, peine à être appliqué .A l’en croire, cette situation perdure parce qu’un acteur important n’a pas été suffisamment impliqué. « C’est vous les jeunes, vous êtes le ciment qui manque à ce processus de paix », a-t-il fait remarquer. Et de préciser que le projet jeune acteurs pour la paix a vu le jour pour combler cette lacune. « Le Projet jeunes acteurs pour la paix et la réconciliation nationale est financé par Peace building fund, exécuté par Unicef, OIM, Unesco et l’AJCAD a été sélectionnée comme partenaire de mise en œuvre. Le présent camp s’inscrit dans le projet dont l’objectif principal est de renforcer la participation des jeunes dans le processus de consolidation de la paix et de la réconciliation nationale », a-t-il déclaré. Par ailleurs, il a estimé que la participation des jeunes aujourd’hui dans le processus est un devoir de génération.
Bassinatou Maiga, représentant de l’Unicef, pour sa part, a estimé que les femmes et les jeunes constituent des acteurs incontournables dans le processus de restauration de la paix et la cohésion sociale. « Ce camp est une opportunité offerte aux jeunes d’horizons divers, de se connaitre, d’accepter la différence et de promouvoir la paix », a-t-elle laissé entendre, invitant les jeunes à plus d’engagement dans le processus. A sa suite, le représentant du chef de quartier Baba Touré, le directeur de l’établissement Bayon Djenepo, Mouctar Coulibaly dit Ivo, ont tous salué l’initiative qui, selon eux, mérité d’être multiplié pour un meilleur brassage intercommunautaire gage d’une paix durable.
Les temps forts
Durant trois jours, l’établissement Bayon Djénepo a été un véritable carrefour de brassage communautaire. En effet, une fois arrivé au camp, les jeunes ont été repartis entre les blocs de façon à assurer le brassage. Ainsi, ils ont participé ensemble à plusieurs activités socio-éducatives : sport de masse matinal ; montée des couleurs ; recyclage de l’Accord et la stratégie G5 sahel, descente dans les familles pour expliquer l’Accord aux populations ; assainissement du CSCOM de Médina-coura et l’établissement Bayon Djénèpo ; atelier de création (sketch, photographie, chant, danse) mettant en valeur l’ingéniosité des participants à cultiver l’esprit de paix au sein des communautés. Le camp de Mopti a été également marqué par deux grands dialogues : dialogue intergénérationnel sur le mécanisme traditionnel de règlement des conflits et le dialogue générationnel sur le rôle et la participation des jeunes dans la consolidation de la paix et la cohésion sociale.