Assises nationales de la refondation (ANR) : On se questionne sur sa pertinence ?

  • par
Image d'illustration - Crédit photo : Studio TAMANI

Depuis le 18 aout 2020 notre pays, la Mali a été victime d’un coup de force militaire. Lequel a interrompu le processus normal et entrainé le Mali dans une transition dont le délai initial était fixé pour 18 mois avec, au départ, à sa tête, une équipe composée de BAH DAW et de Moctar OUANE. Ils sont évincés, après 9 mois de gestion, par les mêmes auteurs du premier coup orchestré, le 18 aout.  Une nouvelle équipe fut constituée, elle est Composée cette fois-ci du Colonel Assimi GOITA, président de transition et de Dr Choguel Kokala MAIGA à la tête de l’exécutif. Au bout de quelques semaines, le nouveau PM a élaboré un plan d’action gouvernemental annonçant des Assises, qui aujourd’hui, sont entre accord et désaccord au sein de l’opinion publique.

Il faut le rappeler, le plan en question est reparti en quatre axes à savoir : le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, les réformes politiques et institutionnelles qui passent par la tenue des ANR, l’organisation des élections générales et la promotion de la bonne gouvernance et l’adoption d’un pacte de stabilité.

Les ANR, pertinentes ?

Pour beaucoup de maliens, les assises sont d’une importance capitale. Car, elles permettront de : se parler, de se fixer les nouvelles bases sur lesquelles le pays doit partir dorénavant.  Selon eux, elles permettront de donner la parole aux maliens de la base au sommet. Pour faire un état de lieu des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur vie de tous les jours. Et, de proposer des solutions afin de développer des pistes de sorties de crise et de lancer les jalons d’un Mali nouveau.

Par ailleurs, ils ont compris que si les maliens ne s’asseyent pas, ne se parlent pas, ne se pardonnent pas, il y’aura jamais un Etat fort. Cet État fort dont ils aspirent, passe obligatoirement par ces assises alors, il faut que cela se fasse. D’après le premier ministre lui-même : « c’est aux sortis de ces assises que les maliens décideront de la direction que le bateau Mali va prendre ».

Les ANR, une ambition de trop pour la transition !

De l’autre coté, nombreux sont les personnes, qui voient dans les ANR un moyen de prolonger la transition de 18 mois qui s’écoule vite sans avancée majeures. Il est assez prétentieux de vouloir tout faire dans une transition. La transition a vocation d’être une période de courte durée. Elle doit juste se concentrer sur les priorités qui lui sont assignées. Et, le PAG présenté doit être appliqué pour la simple raison qu’il s’inscrit dans le temps reparti pour la transition qui ne doit point dépasser les 18 mois.

Les défenseurs de l’impertinence des assises trouvent qu’elles sont budgétivores et n’ont d’autres objectifs que de donner une occasion aux autorités transitoires de se donner une légitimité pour prolonger cette transition qui ne bouge pas.

C’est le cas du cadre d’échanges des partis politiques pour une transition réussie. L’un des leaders de ce cadre, Housseini Amion GUINDO, pense que ‘’les assises ne sont pas nécessaires et montre leur refus d’y prendre part. Elles sont hors de priorité, les assises de la refondation’’ a-t-il évoqué. Par contre, la transition doit juste organiser des élections à la date indiquée et remettre le pouvoir aux civiles.

La prorogation de cette transition montre à suffisance l’incompétence et l’incapacité de cette équipe à faire face aux problèmes existentiels de notre nation. Mais, comme dit un proverbe guinéen « il faut savoir quitter la danse quand on t’applaudit ».

Samba Balobo Ba