Mali/Transition, des sanctions sévères contre le Mali

A l’issue de la conférence des chefs d’État de l’Union Économique Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) tenue ce dimanche 09 décembre 2021 à Accra au Ghana, les Présidents de l’organisation sous-régionale se sont penchés sur la situation du Mali. Ils ont décidé, en plus de nouvelles sanctions, d’appliquer à nouveau celles de la conférence des Chefs d’État de la CEDEAO prises lors des sessions extraordinaires des 12 septembre et 07 novembre 2021.

Fermeture des frontières de la CEDEAO, Suspension des transactions à l’exception des produits de premières nécessités et médicales et Gel des actifs maliens au sein de la BCEAO, Suspension du Mali de toute aide financière des institutions financières de la CEDEAO (BIDC et BOAD). Ce sont les conclusions de la double sessions (UEMOA et CEDEAO) abritée par Accra. Toutefois, la porte du dialogue reste ouverte selon Serge Daniel, journaliste de RFI qui a assisté aux travaux.

Sur le chronogramme électoral proposé par le Mali

L’Autorité dit avoir pris acte des conclusions des Assises Nationales de la Refondation (ANR) du 13 décembre 2021, conduisant à l’adoption d’un Chronogramme sur la Transition au Mali.  Elle a noté que plusieurs parties prenantes importantes n’avaient pas participé à ces ANR.  Le chronogramme remis le 31 décembre 2021 par les autorités de transition à la présidence de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO qui prévoit la tenue d’élections présidentielles d’ici fin décembre 2026 a été rejeté.

L’institution a trouvé le chronogramme proposé pour une transition totalement inacceptable.  Ce chronogramme signifie simplement, selon elle, qu’un gouvernement militaire de transition illégitime prendra le peuple malien en otage au cours des cinq prochaines années.  L’organisation a par ailleurs réitéré son appel aux autorités de transition à se concentrer sur des activités visant à un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Conditions pour lever les sanctions

L’application des sanctions est immédiate et reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre.  Elles ne seront progressivement levées qu’après la finalisation d’un chronogramme acceptable et convenu et le suivi de progrès satisfaisants réalisés dans la mise en œuvre du chronogramme des élections, Souligne la conférence des Chefs d’État.

Réactions des maliens

Bien que le gouvernement malien n’a pas encore réagi aux deux communiqués, des internautes maliens ont exprimé leurs craintes par rapport aux conséquences de ces sanctions. C’est le cas de Gorges Attino « #CEDEAO, Ce sont les différentes polices des frontières qui vont se frotter les mains. Hors sanction les voyageurs payaient (5000f cfa frontière #Mali, #senegal) maintenant ils vont doubler les « prix » au calme » prévient-il.

De son coté, Mohamed Daniogo, journaliste et observateur de l’actualité malienne et internationale, ces sanctions étaient prévisibles, mais « organiser une rencontre de l’UEMOA et de la CEDEAO dans la même journée et aboutir de telles sanctions et aller jusqu’à mettre une force armée sous régionale en alerte il y a lieu de se poser des questions sur la volonté réelle des sanctionneures. Et aussi de savoir au finish qui des autorités de la transition ou de la Cedeao prend en « otage » le peuple malien » s’est-il étonné.

Une chose est claire, ces sanctions prises sont dures et on aura du mal à sortir des conséquences. Chaque malien est interpellé, les autorités doivent y faire face avec responsabilité.

Il est visible que cinq ans de transition est trop et organiser des élections en février est impossible, la solution demeure la négociation pour trouver le juste milieu.

Sory I Maiga