Conseil de Sécurité de l’ONU, Adam DICKO « On ne sanctionne pas un peuple meurtri ! »

La société civile malienne était à l’honneur à la session du Conseil de Sécurité de l’ONU axé sur la situation qui sévit au Mali. Il s’agit de la Directrice Exécutive de l’AJCAD-Mali, Adam DICKO, militante engagée de la Société civile malienne. Elle a été invitée à se prononcer à cette réunion de haut niveau sur le plan mondial, qu’elle a mis à profit pour plaider l’allègement des sanctions doublement infligées à l’État malien par les organisations communautaires CEDEAO et UEMOA, ce dimanche 09 janvier 2022.

Comme l’oblige l’actualité brulante au Mali, suite aux sommets extraordinaires de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Économique Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), les yeux étaient rivés du coté de New York, aux USA, pour la réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU sur le Mali.

Cette rencontre de trois (3) heures aura été déterminant de par le contexte dans lequel elle s’est tenue. Parmi les parties maliennes qui ont participé aux discussions figure, la Directrice Exécutive de l’AJCAD qui a, dans le speech de 10 minutes environs qui lui a été accordé, exposé les problèmes qui assaillent l’existence du Mali. Dans une métaphore bien structurée, elle a su évoquer le virus des inégalités : sociale, économique, politique et environnementale, la crise sécuritaire et les freins à la sortie de crise et au rayonnement de la Démocratie, la réelle.

Au sujet des inégalités, Elle indique qu’elles « privent des millions de jeunes maliens, constituant 45% de la population active, de bonheur et pousse la plupart d’entre eux à vivre dans la misère. Il mute et s’adapte en profitant d’un système gangrené par les mauvaises gouvernances et politiques, il n’est plus une épidémie. Il nous a fait hériter, d’une situation endémique. » précise-t-elle.

L’insécurité et ses conséquences néfastes sur le Mali

Sur la question sécuritaire, l’inefficacité de la stratégie militaire  a été soulignée par la justicière sociale, elle est convaincue que « L’Inadaptation de la réponse apportée à la situation sécuritaire notamment la réponse militaire a montré ses limites »  et de poursuivre que « Les Déplacements internes massifs des populations entrainent la dislocation des familles et expose ainsi les enfants aux manques d’éducation et particulièrement les jeunes filles aux violences sexuelles et sexistes » a analysé, La directrice de l’AJCAD.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU exhorté à ne pas suivre les pas de la CEDEAO et l’UEMOA

La passionnée de l’humain n’a pas lésiné sur les moyens offerts par la tribune de l’ONU, pour s’exprimer et partager la position de son organisation face aux sanctions regrettables de la CEDEAO et de l’UEMOA. Pour elle, le Conseil doit Accroitre son intervention dans la recherche rapide de solutions à la situation politique entre le Gouvernement Malien et la CEDEAO aux bénéfices des citoyens notamment des jeunes pour qui l’avenir se trouve de plus en plus désespéré. Selon elle, c’est « La population malienne qui est la première victime des sanctions et pourtant elle a déjà assez souffert. On ne sanctionne pas un peuple meurtri » fait remarquer Adam DICKO.

Aux partenaires du Mali, la sincérité dans la relation est désormais de mise

Invitant d’abord, les amis du Mali, à ne pas faire de son pays, un terrain de confrontation d’intérêts géopolitique et géostratégiques. L’urgence, pour la responsable, de l’une des plus grandes organisations de jeunes du Mali, c’est aussi parvenir « à garantir une plus grande transparence dans la vie publique mais aussi dans les relations que vous entretenez (les partenaires) avec mon pays, le Mali. Cela permettra aux jeunes de déconstruire les mythes qui leurs sont vendus par certains acteurs malintentionnés, aussi formels qu’informels. » affirme-t-elle.

Plus loin, s’adressant toujours au Conseil de Sécurité, La Directrice de l’AJCAD trouve qu’il est impérieux « d’arrêter les décisions « Top Down », il ne faut plus que les budgets votés a New York, détermine les besoins sur terrain » souhaite-t-elle en s’exprimant sur la MUNISMA, une des représentations de l’ONU dans notre pays.

Au sortir de cette importante réunion sur le Mali, le Conseil n’a pas pu statuer sur le sort à réserver au Mali comme l’ont fait la CEDEAO, l’UEMOA, les États Unis et la France. La non-ingérence étant réclamée par la Russie et la Chine, le Mali va devoir négocier le juste milieu avec l’ensemble des partenaires pour se sortir d’affaire.

Sory Ibrahim Maiga